17.12.2011

Stop

J'avais eu vingt-neuf ans. Stop. Tout les autres âges disparurent. Le jour de mon anniversaire. Je ne savais pas combien nous étions. Pas encore. Des centaines de milliers peut-être.

 

La vie est une affaire de deuils. J'avais eu à faire le deuil de ma famille, celui de mon pays et de ma langue. Je me trouvais à présent vide. Plus de famille, plus de pays, plus de langue. En somme j'étais mort aussi. J'aurais eu une existence si j'avais été le seul. Mais nous étions tous égaux. Personne ne fut moins ou plus à plaindre que moi. Je me souvins que la déclaration des droits de l'homme commençait par cette histoire d'égalité parfaite. Qui aurait pu imaginer qu'atteindre cet idéal serait la fin de l'humain. Être plus que, moins que, c'est se définir en tant qu'homme. Être aussi que, c'est disparaître.

 

Je me cachais pour faire le bilan. Plus de nourriture, plus de faim ; plus de nuit, plus de sommeil ; plus de blessure, plus de douleur, plus de mort. Plus de son. La pensée uniquement. Il sembla que je mis plus de temps que les autres à me connecter puisqu'il furent surpris lorsque je les rejoignis. Eux savaient depuis quelques temps déjà comment se connecter sans se déplacer physiquement. Je pensais encore en termes temporels parce que je ne m'étais pas aperçu que les autres n'avaient pas choisi le mot stop dans la précipitation.

 

Je découvris que la terre avait changé. Comme si le stop l'avait nettoyée de tout. Nous étions libérés de tout besoin physique. Je me connectais à tout instant. Certains pensaient que le stop était l'accomplissement de l'apocalypse. Un genre d'apocalypse commun à toute religion. Puis ils se rendirent compte qu'ils ne souffraient pas, en aucune façon. Tout cela ne tenait pas debout. En fait il s'agissait de la dernière étape du deuil. Le deuil du sens. Nous eûmes bientôt tous fait notre deuil. Nous fûmes alors tous morts.

 

Jusqu'au jour où... façon de parler. Nous fûmes tous brutalement déconnectés. Nous ne pouvions plus nous déplacer du tout. Comme chacun avait choisi son endroit cela ne posait pas vraiment de problème. L'absence de connection cependant en était un.

 

Lorsqu'elle se connecta à moi je me demandai si elle se connectait simultanément avec les autres mais je n'eus pas de réponse. Elle pouvait se connecter à moi, je ne pouvais pas me connecter à elle. Elle me montra un écran, un clavier et des mots. Ma tâche me fut assignée. Je me demandai ce que faisaient les autres. Je n'eus pas de réponse. Je ne pus attendre et je commençai. Elle me montrait les mots et je les écrivais. Cela commença par un l'histoire d'un bébé, puis un d'un homme, puis d'un un vieillard, puis d'un un cadavre. Sept milliards de fois. Puis je ne vis plus rien.

 

Je ne vois plus rien alors j'ai écrit mon histoire. Elle ne se connectera plus, je le sais.

20.03.2011

De l'écologie

    Ne me faites pas croire que les écologistes aiment la planète. Ils aiment l'homme et veulent sa survie. Si la planète ne menaçait pas de détruire l'humanité, personne ne s'en soucierait.

Liberté ou absence de choix

      Pourquoi faudrait-il considérer le suicide comme une absence de choix? "Il n'avait plus d'autre choix alors il s'est suicidé" Peut-être que c'est au contraire un choix. Pourquoi dire que la vie est ce qu'il y a de plus précieux alors qu'on ne sait rien de la mort? Mettre fin à sa vie c'est une liberté telle que les religions l'interdisent. L'homme a le droit de ne plus vouloir vivre, se tuer n'est pas obligatoirement un constat d'échec. Mourir, autant que vivre, est un choix courageux. C'est faire offense aux suicidés que de les trouver lâches.